Bienheureuse Soeur Marie-Céline de la Présentation

Clarisse (23 mai 1878 – 30 mai 1897)



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30 MAI 2011 à  NOJALS   

4ème ANNIVERSAIRE DE LA BEATIFICATION   DE SOEUR MARIE-CELINE
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HOMELIE

Il est passionnant, quand on voit la vie toute simple de Sœur Marie-Céline, de voir comment Dieu s’y prend pour faire bouger le monde. Pour nous faire bouger.

Dans ce monde où sont exaltées ou mises en valeur les performances scientifiques et technologiques, où ruisselle l’intelligence créatrice de richesses… Dieu met en avant les pauvres, les plus petits, les plus humbles… Ce sont ces bienheureux et ces saints dont Marie-Céline fait partie et qui veulent nous entraîner sur ce chemin de sainteté que j’ai proposé au diocèse par la Lettre pastorale « Osons la Sainteté ».

Comme l’écrit Madame Gatti : « Osons la Sainteté sur les pas de Soeur Marie-Céline ».

Son secret : c’est celui d’une vie donnée. C’est ce que je retiens aujourd’hui de sa vie.

Nous sommes frappés par les obstacles que Sœur Marie-Céline rencontre sur son chemin de vie : les nombreuses ruptures affectives, sa propre maladie, sans compter la pauvreté extrême dans laquelle elle vit avec sa famille.

Pourtant, comme le confiera sa sœur Lucie : « Elle fut l’ange consolateur de la famille ». Elle accepte cette sortie d’elle-même en se mettant au service de ses proches et de sa famille, de ses sœurs au couvent. Elle fait de sa vie un don pour les autres.

Servir, se donner, ce fut son unique souci.

On peut dire qu’elle n’a jamais pensé à elle-même.

C’est en permanence un esprit de charité qui l’anime. Et c’est ainsi qu’elle vit déjà ce que le Pape Benoît XVI écrira dans son encyclique sur « L’amour dans la vérité » : « L’amour humain dit-il, lorsqu’il s’approche ensuite de l’autre, se posera toujours moins de questions sur lui-même, il cherchera toujours plus le bonheur de l’autre, il se préoccupera toujours plus de l’autre, il se donnera et il désirera « être pour » l’autre ».

Voilà l’esprit qui animait notre petite Sœur Céline, un esprit de charité. Et c’est le chemin qui l’a aidée non pas à oublier les souffrances qui étaient les siennes mais à les supporter et à les traverser.

Le chemin de la charité est chemin de vie, chemin de sainteté.

En s’ouvrant à la charité et en vivant la charité, Sœur Marie-Céline a cheminé pas à pas vers cet accomplissement d’elle-même.

En prenant ce chemin, elle devient pour nous, comme un prophète, un témoin d’évangélisation.

Marie-Céline sans aucun doute nous évangélise encore aujourd’hui.

C’est dans un amour tout simple, tout humble pour les autres et pour Dieu que Sœur Marie-Céline est devenue pas à pas la petite Sainte selon le désir de Dieu, témoin de charité.

Voilà pourquoi nous pouvons dire qu’un Saint c’est quelqu’un qui, à la fin de sa vie, peut laisser voir ou entendre qu’il a essayé d’un cœur sincère d’aimer Dieu et de répandre cet Amour parmi les hommes de son temps. Ce fut le cas de Sœur Marie-Céline qui nous invite à oser la Sainteté à sa suite. C’est une sainte de chez nous, aussi n’hésitons pas à prendre appui sur elle pour grandir nous-même en sainteté.

Et pour cela, nous n’oublions pas avec Marie-Céline, que le sommet et la source de la Sainteté est et sera toujours le Christ. Et c’est donc en Le suivant que l’on devient Saint. Elle l’avait bien compris notre petite sœur de Nojals.

Elle a porté l’amour autour d’elle dans une grande union au Christ unie à Sa Passion jusque dans ce souci qu’elle porte pour les siens alors qu’elle subit dans son propre corps l’épreuve de la maladie et de la souffrance. Mais c’est dans l’expérience d’une grande solitude qu’elle s’unit aussi à Sa Passion.

Ainsi, elle qui marchait si difficilement à cause de sa maladie, elle pour qui la route a été semée d’embûches et d’épreuves, elle fait des pas de géant vers la perfection en vivant de l’Esprit du Christ, en faisant de sa vie, comme le Christ, un don pour les siens, pour les autres et pour Dieu.

Elle nous redit que c’est en suivant le Christ que l’on devient Saint.

Tant il est vrai que c’est seulement en renonçant à notre propre vie, en se détachant de tout ce qui nous rend esclave pour nous attacher au Seigneur Jésus que nous pouvons devenir pleinement nous-même et faire l’expérience d’une véritable transfiguration à la Lumière de cet Amour dont Dieu nous a comblés.

Ainsi, la véritable question est celle-ci : à la suite de Sœur Marie-Céline, avons-nous le désir de prendre ce chemin qu’est le Seigneur Jésus Lui-même, un chemin qui peut nous sembler difficile mais qui, chemin faisant, nous permet de devenir pleinement nous-même grâce à Celui qui fait route avec nous, même s’il nous arrive d’avoir du mal à le reconnaître.

Marie-Céline, les saints et les saintes du Périgord et tous les autres ne cessent pas de nous rappeler que ce chemin est la source d’une joie profonde, une joie que nul ne peut nous ravir, une joie qui demeure au cœur même de ce qui nous éprouve et nous blesse, parce que cette joie est le fruit d’une Présence accueillie dans la confiance et l’abandon, une Présence plus grande que notre cœur, celle du Seigneur avec nous.

Et avec Marie-Céline, nous accueillons cette Parole du Seigneur : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau (les fardeaux d’aujourd’hui, nous les connaissons bien : difficultés familiales, relationnelles, de travail, les problèmes de santé… la sécheresse dont sont victimes les agriculteurs, et bien d’autres encore), et moi je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger » (Mt 11 28-30).

       Mgr Michel MOUÏSSE

Evêque de Périgueux et Sarlat